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Performance énergétique

Depuis janvier 2011, toutes les annonces immobilières doivent afficher l’étiquette de performance énergétique des logements destinés à être loués ou vendus. La meilleure note étant le A et la moins bonne, la lettre G.  La plupart des logements ressortent des classes D, voire E. Très rares sont les logements à s'afficher en A ou B.

En pratique, l’étiquette énergétique n’aura finalement guère d’influence sur le prix des logements moyens, situés en classe C, D et E, c’est-à-dire pour la plupart des logements à peu près isolés. Ceux des catégories F et G verront peut-être leur prix baisser. Quant aux logements des classes A ou B, ils seront certainement un peu surévalués, par rapport au autres. Mais, c’est déjà le cas pour les logements neufs ou ceux qui ont fait l’objet d’une grosse rénovation.

La problématique de la consommation d'énergie dans les logements

L'unité utilisée pour caractériser la consommation d'énergie dans un logement est le kWh par mètre carré par an. Par exemple: si la consommation globale pour le chauffage, la cuisson, l'eau chaude sanitaire, l'éclairage et les équipements électriques est de 12.000 kWh/an dans un logement de 100 m2, on dit que la performance énergétique du logement est de 120 kWh/m2.an (12000/100). Cette valeur de consommation pourrait être liée à une échelle d'efficacité énergétique, comme pour les équipements ménagers.

En France, la performance énergétique moyenne dépasse 200 kWh/m2.an, avec de fortes variations suivant le type de logement (appartement, maison individuelle, HLM), la date de la construction et la zone climatique. Les logements récents construits suivant les règles en vigueur (absence de ponts thermique, ventilation maîtrisée, équipements performants, ...) consomment beaucoup moins que la moyenne du parc, qui est essentiellement ancien. La nouvelle réglementation thermique RT2012 fixe la consommations d'énergie primaire (chauffage, eau chaude, éclairage, climatisation, ventilation) à 50 kWh/m²/an en moyenne.

Le schéma de la consommation d'énergie, ci-dessous, montre les très fortes variations dans la performance énergétique des logements "anciens" par rapport aux logements "actuels". Cependant, malgré le renforcement de l'isolation thermique et l'efficacité des équipements de chauffage, la consommation d'énergie globale ne cesse d'augmenter. Les raisons principales sont l'augmentation de la surface des logements par rapport au nombre d'occupants et une amélioration générale du confort.


Schéma montrant la consommation d'énergie dans les logements 
suivant la date de construction et les choix écologiques

Par ailleurs, le schéma montre comment la consommation d'énergie est partagée entre les différents postes :

A. Le chauffage (en rouge)
La consommation d'énergie pour le chauffage d'un logement ancien est facilement divisée par 2 grâce à l'isolation thermique, l'utilisation de menuiseries et de vitrages performants, ainsi que l'installation d'équipements de chauffage moderne. Le chauffage représente 87% de la consommation d'énergie globale dans les logements anciens et seulement 30% dans les logements les plus performants.

B. L'électricité spécifique (Éclairage et équipement électrique : en jaune)
La consommation a tendance à augmenter dans tous les logements à cause de l'accroissement du nombre des équipements ménagers et de loisirs.

C. Le cuisson (en vert)
La consommation d'énergie pour la cuisine reste inchangée. Mais, ce poste marginal dans les logements anciens prend beaucoup plus d'importance quand la consommation baisse par ailleurs.

D. L'eau chaude sanitaire (en bleu)
La consommation d'énergie pour produire de l'eau chaude est en légère augmentation, car le niveau de confort recherché dans les logements actuels est supérieur aux conditions acceptées dans le passé. Dans les logements anciens, ce poste ne représente que 6% de la consommation d'énergie globale, mais avec la réduction des besoins de chauffage, le poste "production d'eau chaude sanitaire" représente près de 30% de la consommation d'énergie dans un logement moderne.

D'après l'Observatoire de l'énergie
- Consommation énergétique moyenne par usage, en 1998 : 
Chauffage 68%, Eau chaude sanitaire 15%, Cuisson 5%, Électricité spécifique 12%.
- Consommation finale d'énergie du résidentiel tertiaire par source, en 2001 :
Combustibles fossiles 55%, Électricité 32%, Renouvelables 13%


L'énergie solaire et la performance énergétique

Solaire passif

L'application des normes de construction en vigueur (RT 2005) peut réduire la consommation d'énergie de moitié par rapport aux logements anciens. Les besoins de chauffage peuvent être réduits encore par moitié en appliquant les règles simples de la conception architecturale bioclimatique :
- orientation vers le soleil, avec des ouvertures conçues pour faciliter le captage solaire passif en hiver et la protection solaire en été ;
- utilisation de matériaux adaptés au stockage et à la restitution de la chaleur suivant les besoins ; ....

Solaire actif

Afin d'aller encore plus loin dans la recherche des économies d'énergie, il faut devenir producteur :

A. L'eau chaude sanitaire
La consommation d'énergie moyenne liée à la production d'eau chaude 
= 855 kWh/personne.an, soit 25 kWh/m2.an (moyenne pour la France ramené au m2 habitable)
Un chauffe-eau solaire individuel ou collectif peut fournir de 50 à 90% de ces besoins.
L'économie moyenne est de 15 kWh/m2.an.

B. Le chauffage
Quand les besoins de chauffage deviennent très restreints (grâce à la conception bioclimatique), un système de chauffage solaire actif (par plancher chauffant ou autre technique à basse température) peut avoir un effet important sur la consommation d'énergie.

C. L'électricité spécifique
L'intégration d'un système photovoltaïque dans l'enveloppe du logement peut compenser la consommation d'électricité spécifique (au moins partiellement). 

Ces applications solaires sont traitées par ailleurs sur Outils Solaires

Note : Grâce à la production solaire et un peu de bois pour l'appoint de chauffage, on pourrait être virtuellement autonome en énergie. Cependant, afin de construire un logement réellement écologique, il faut également tenir compte de la consommation inconsidérée de l'eau et surtout les besoins de transport. Ce qui nous emmène à reconsidérer l'urbanisme et l'aménagement du territoire.


Références 

Arrêté du 16 octobre 2006 définissant les critères de certification des compétences des personnes physiques réalisant le diagnostic de performance énergétique et les critères d'accréditation des organismes de certification. Voir : www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=SOCU0611888A 

Performance énergétique et approvisionnement en énergie des bâtiments existants 
Décret n° 2007-363 du 19 mars 2007
À compter du 1er novembre 2007 :
- Les chaudières, les fenêtres, les isolations, les radiateurs, les ballons de production d'eau chaude, les climatiseurs, etc., installés à l'occasion de tous travaux de réhabilitation d'un bâtiment existant devront respecter des exigences de performance énergétique.
A compter de 2008 :
- Les maîtres d'ouvrage devront réaliser une étude comparative de l'intérêt des différentes sources d'énergie avant toute réhabilitation lourde et toute construction neuve dès lors que le bâtiment fait plus de 1.000 m².
- Les bâtiments publics doivent être exemplaires : dès 2008, les gestionnaires des bâtiments les plus importants devront afficher de manière visible du public le diagnostic de performance énergétique du bâtiment.

Chiffres clefs pour la France
Le bâtiment représente 47% de la consommation d’énergie en France (industrie agriculture 28%, transports 25%):
- Deux tiers sont consommés dans l’habitat, un tiers dans le tertiaire, public et privé
- Malgré une amélioration de la performance moyenne (logement: 372 kWh/m² an en 1973, 245 kWh/m² an en 2003), la consommation finale a progressé en volume de 24% entre 1973 et 2004
- Le neuf représente par an de 300 à 400 000 logements et de 8 à 16 millions de m² de tertiaire (100 à 200 000 équivalents logements)
- Le parc existant représente environ 40 millions de logements et d’équivalents-logements

Classement du DPE (Diagnostique de Performance Energétique)
- 31% des logements consomment entre 150 et 230 kWh/m2/an, ce qui correspond à la classe D. 
- 22% sont de classe E (230-330 kWh/m2/an) 
- 18% sont de classe C (90-150 kWh/m2/an). 
- Les 27% restant se partagent entre les classes A , B, F et G.
La classe D est majoritaire pour les logements construits entre 1975 et 2000. Les plus récents (après 2000) sont en majorité de classe C. 

Le parc de bâtiments peut être segmenté en 5 parties :
A. Personnes physiques propriétaires de maisons individuelles : 13 millions de logements environ (et plus de 2 millions de maisons résidences secondaires et logements vacants).
B. Personnes physiques propriétaires en copropriété d’habitat en immeuble collectif : 6 millions de logements environ (et plus d’un million d’appartements résidences secondaires et logements vacants).
C. Propriétaires institutionnels d’immeubles collectifs d’habitation et de maisons individuelles groupées (essentiellement organismes d’habitat social et SEM) environ 4 millions de logements.
D. Propriétaires publics d’immeubles tertiaires : environ 5 millions d’équivalents logements.
E. Propriétaires privés d’immeubles tertiaires et de commerces : environ 5 millions d’équivalents logements.

Le budget énergétique des ménages, d'après l'INSEE 
Les dépenses domestiques proviennent principalement de l'électricité (48% des dépenses), mais également du gaz naturel (22,6%), qui devient la première source de chauffage en France. Les combustibles liquides issus du pétrole représentent 23,1%. L'eau chaude et la vapeur d'eau utilisée pour le chauffage urbain ne représentent qu'une part marginale de ces dépenses (4,1%), de même que la combustion du bois ou du charbon (2,2%).

Au total 37,3 milliards ont été dépensés pour un usage domestique, soit 590 euros en moyenne par habitant sur l'année 2006.
- C'est le chauffage qui occupe toujours le premier poste des dépenses énergétique domestiques (71% en quantité) : En 2006, 21,2 milliards d'euros y ont été consacrés, en hausse modérée depuis 1973 (+1% par an en moyenne).
- L'éclairage et la consommation des appareils électroménagers représentent 13% des dépenses d'énergie domestique, l'eau chaude 10%, le reste étant consacré à la cuisson des aliments.

Carburant
Le budget consacré au carburant continue d'augmenter, tiré par la hausse des cours du brut. En 2006, les français ont dépensé 35 milliards d'euros en carburants et lubrifiants, soit 550 euros par habitant en moyenne. Ces dépenses représentent 3,5% des budgets, contre 3,1% en 1960.
L'Insee note que la hausse des prix a été particulièrement vive entre 2003 et 2006 (+7,3% par an en moyenne), induisant une baisse des volumes consommés.

 

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